Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a amorcé une tournée à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, pour évaluer les défis logistiques, financiers et organisationnels des juridictions locales. Face aux constats sur l’archaïsme des procédures et l’autogestion des magistrats, il a indiqué que des mesures concrètes seraient prises pour réformer le système judiciaire.
« Nous allons travailler pour crédibiliser et rendre ce processus transparent et mettre des garde-fous pour la bonne gestion. Il faut de la rigueur dans la gestion des fonds du Frivao destinés aux indemnisations », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de sécuriser les ressources et de restaurer la confiance des victimes de la guerre de six jours de 2000.
Le ministre a également relevé l’importance d’une loi de programmation judiciaire pour améliorer les conditions de travail et garantir une justice équitable, dans un contexte où le tribunal pour enfants et la Cour d’appel fonctionnent encore de manière manuelle et autonome.
Le parcours de terrain du ministre a permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les magistrats et le personnel judiciaire, qui se financent eux-mêmes et peinent à moderniser leurs pratiques. L’une des associations de victimes du conflit de 2000 a dénoncé la mauvaise gestion des fonds, indiquant que « la gestion du Frivao n’a pas été meilleure. Le Frivao n’a pas payé les gens convenablement comme c’était dans la vision du président de la République. (…) La liste des victimes avait été bien établie avec des adresses, mais le Frivao a rejeté ça et a pris des noms par des cartes d’électeurs et des recommandations par ci par là, ce qui a fait que le Frivao soit un échec ici à Kisangani ».
Notons que ces échanges mettent en évidence le double enjeu, réformer la justice et sécuriser les indemnisations, tout en renforçant la proximité de l’État avec les citoyens, afin que le processus serve réellement les victimes et améliore l’efficacité du système judiciaire dans la région.

