Prévention du VIH/SIDA : un traitement annuel annoncé dans plus de 100 pays à revenu faible et intermédiaire

Le lancement du Lénacapavir, un nouveau médicament injectable administré deux fois par an pour prévenir le VIH/sida, marque une étape scientifique importante, mais suscite déjà des interrogations sur la justice d’accès. En partenariat avec la Fondation Gates et Unitaid, la société Américaine Gilead Sciences promet de rendre le traitement disponible dès 2027 dans 120 pays à revenu faible et intermédiaire, au coût annuel de 40 dollars Américains.

Cependant, plusieurs voix dénoncent une politique de licences trop restrictive, laissant de côté des pays confrontés à des taux d’infection élevés. Pour Solange Baptiste, directrice exécutive de l’ITPC, cette approche crée une fracture dangereuse : « Les communautés des pays dits à revenu intermédiaire sont traitées comme si elles pouvaient se permettre des prix de monopole ; mais la réalité est que les systèmes de santé s’effondrent, les programmes sont réduits et des millions de personnes se verront refuser la prévention qui pourrait mettre fin au sida ».

Une inquiétude d’autant plus fondée que, selon l’ONUSIDA, près de 1,3 million de nouvelles infections ont encore été recensées en 2024, principalement dans des régions exclues des accords de licence. Au-delà du débat sur le prix, les acteurs de la santé mondiale rappellent que la réussite de cette innovation dépendra de l’investissement dans les infrastructures et la sensibilisation.

La chercheuse Mohga Kamal-Yanni, de la People’s Medicines Alliance, insiste sur cette dimension structurelle : « Le financement est essentiel pour les campagnes de sensibilisation, la formation des professionnels de santé, l’approvisionnement, la livraison et la distribution… Les coupes dans le financement des programmes de lutte contre le VIH constituent donc un obstacle majeur à l’accès à ces médicaments efficaces ».

Tandis que la Fondation Gates investit plus de 80 millions de dollars pour accélérer la production générique, la question de la transparence des prix et de l’inclusion des pays à revenu intermédiaire reste au cœur du débat mondial.

Le Lénacapavir ouvre une fenêtre d’espoir scientifique, mais son succès dépendra de la capacité collective à traduire cette avancée technologique en accès équitable, notamment dans les contextes africains, latino-américains et asiatiques où la vulnérabilité reste forte.

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