L’économiste et parlementaire Ougandais Paulson Luttamaguzi a vivement réagi à l’enlèvement et à la torture présumée de deux activistes Kényans, un incident qui alimente une nouvelle crise diplomatique entre Kampala et Naïrobi. Selon lui, les actions attribuées aux services de l’État exposent désormais les citoyens ougandais à des représailles dans les pays voisins.
S’exprimant ce lundi, Luttamaguzi a estimé que cette affaire « met les Ougandais en danger », en particulier dans les États où l’armée ougandaise est déjà engagée dans des opérations militaires ou de stabilisation. Il cite notamment la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et la République centrafricaine.
« Lorsque l’État est accusé d’enlever et de torturer des ressortissants étrangers, ce sont nos citoyens ordinaires qui en paient le prix. Cela nous expose à des attaques de la part des populations locales de ces pays, qui pourraient vouloir se venger », a déclaré Luttamaguzi.
Le parlementaire demande au gouvernement d’apaiser les tensions diplomatiques et d’assurer la sécurité des Ougandais vivant à l’étranger ou opérant dans les zones où l’armée est déployée. Il appelle également à une enquête indépendante pour clarifier les circonstances de l’enlèvement des deux activistes Kényans, afin « d’éviter que l’Ouganda ne soit perçu comme un État hostile dans la région ».
Cette déclaration intervient alors que les relations entre Kampala et Nairobi sont particulièrement tendues, le Kenya ayant exigé des explications officielles et la libération immédiate des deux militants concernés.
Diddy MASTAKI

