Daniel Mukoko : la visite de l’Émir Tamim du Qatar ouvre une nouvelle ère d’investissements en RDC

La République Démocratique du Congo s’inscrit désormais dans une dynamique nouvelle en matière de coopération internationale. La visite officielle de l’Émir du Qatar, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, le 18 novembre à Kinshasa, est perçue comme un signal fort traduisant l’intérêt croissant des partenaires étrangers pour le marché congolais. C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public le mercredi 19 novembre 2025, dont une copie est parvenue à Africa-infos-cd ce jeudi 20 novembre.

Dans une interview accordée à Qatar News Agency, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, revient de manière détaillée sur les enjeux, les perspectives et l’impact attendu de ce rapprochement stratégique.

Vingt et un (21) millions USD déjà engagés : une dynamique qui se confirme

Il importe de rappeler que dès septembre 2025, la République Démocratique du Congo et la société qatarie Al Mansour Holding avaient signé plusieurs lettres d’intention portant sur un portefeuille d’investissements évalué à 21 millions USD.

Pour Daniel Mukoko Samba, la présence de l’Émir à Kinshasa représente un accélérateur décisif : « Nous pensons que la visite de l’Émir donnera l’impulsion nécessaire pour permettre la réalisation de ce projet dans les meilleurs délais ».

Ce financement devrait soutenir plusieurs projets structurants, notamment dans les infrastructures de transport, la logistique, l’énergie, ainsi que la modernisation de certains équipements stratégiques.

Un pays aux ressources immenses, mais encore sous-valorisées

Il convient de noter que le numéro un de l’Économie nationale a insisté sur les atouts exceptionnels de la RDC : ressources naturelles abondantes, main-d’œuvre jeune et un potentiel de croissance remarquable.

Cependant, il relève que ce potentiel reste parfois obscurci par une perception internationale souvent biaisée.

« Le problème vient davantage du narratif selon lequel il serait difficile de faire des affaires en RDC, alors que les faits démontrent le contraire », a-t-il souligné.

Finances publiques : la RDC intéressée par l’expertise qatarie

Interrogé sur les perspectives de coopération dans le domaine des fonds souverains, le Vice-Premier Ministre indique : « À ma connaissance, il n’existe pas encore de discussions formelles dans ce domaine. Toutefois, la RDC tirerait un grand bénéfice de l’expérience qatarie. Nous disposons d’un fonds minier alimenté par le Code minier, mais envisageons la création d’un véritable fonds souverain ».

Il estime que l’expérience du Qatar, reconnu pour son portefeuille international de grande envergure, serait d’un apport déterminant pour la RDC.

Climat des affaires : un cadre déjà attractif, mais encore méconnu

S’exprimant sur les réformes engagées pour attirer davantage d’investisseurs, Daniel Mukoko Samba précise : « Le cadre légal congolais est déjà très attractif ».

Il convient de relever que ce cadre comprend notamment : le Code des investissements modernisé ; la loi sur les partenariats publics-privés (PPP) ; l’ouverture des secteurs de l’électricité, de l’eau et des assurances ; ainsi que plusieurs réformes en cours, en particulier dans le secteur agricole.

Le VPM insiste : « Le vrai défi n’est pas juridique. Il tient surtout au narratif négatif qui pèse encore sur notre pays, alors que les résultats sur le terrain démontrent que les investissements prospèrent, notamment dans le secteur minier ».

À ce sujet, relevons également que la RDC attire en moyenne 2 milliards USD par an dans le secteur minier, et que sa production de cuivre a atteint plus de 3 millions de tonnes, faisant du pays le deuxième producteur mondial.

La RDC, futur hub régional

La dimension régionale a aussi été évoquée. Pour Daniel Mukoko Samba : « La RDC, malgré sa faible façade maritime, dispose d’un territoire immense et de régions éloignées des zones portuaires. Pourtant, la région des Grands-Lacs présente d’importants intérêts économiques communs ».

Selon lui : « Un pays comme le Qatar, avec sa capacité d’investissement, gagnerait à soutenir les projets favorisant l’intégration régionale, qui offriraient un impact plus large que des projets isolés ».

Il est utile de souligner que la RDC compte sept grands corridors régionaux susceptibles de devenir des leviers majeurs pour le marché d’Afrique centrale.

Un partenariat stratégique appelé à s’intensifier

Le Vice-Premier Ministre appelle à des investissements massifs dans : les infrastructures de transport ; les plateformes logistiques ; et la production énergétique, domaine jugé prioritaire dans les discussions avec Doha.

Il conclut que la visite de l’Émir du Qatar constitue un tournant majeur, ouvrant la voie à une coopération renforcée et à une nouvelle dynamique économique entre les deux pays.

SMA

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