Sud-Kivu : des élèves pris pour cible au milieu des tirs attribués au M23 à Murhesa

La journée de ce jeudi 4 décembre 2025 restera gravée dans la mémoire des habitants de Kabare Nord. À Murhesa, des élèves ont été atteints par balles alors qu’ils suivaient paisiblement les cours dans leur salle de classe. Des affrontements soudains entre forces Wazalendo et combattants de l’AFC/M23 ont provoqué une panique généralisée dans le groupement de Mudaka, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bukavu.

Une matinée d’angoisse à Mudaka

Les sources sur place révèlent que, des éléments Wazalendo seraient descendus très tôt dans la localité, déclenchant de violents échanges de tirs dans plusieurs quartiers. Cette irruption armée a entraîné la fermeture immédiate des écoles, dont l’établissement primaire de Murhesa où des élèves ont été touchés par balles en pleine heure de cours.

Dans un communiqué, l’AFC/M23 affirme qu’une école de Mugaka a été bombardée à 9h00, causant morts et blessés parmi des enfants « qui n’avaient pour seule faute que d’apprendre ». Le mouvement accuse les attaques de viser délibérément des civils.

L’armée rejette les accusations et pointe la rébellion

Des sources proches des FARDC réfutent ces accusations et attribuent au contraire les tirs aux positions de la rébellion M23 et de ses alliés.
Dans cette zone où les versions divergent et se contredisent, la vérité reste difficile à établir tant que les violences persistent et empêchent une évaluation neutre de la situation.

Des enfants blessés et une population en fuite

Les élèves blessés ont été évacués dans l’urgence vers des structures sanitaires locales, mais la situation sécuritaire complique l’accès aux soins. Les parents, sous le choc, ont fui avec leurs enfants vers des villages environnants, aggravant un mouvement de déplacement déjà massif depuis plusieurs semaines.

Les témoignages recueillis évoquent des scènes de panique à l’intérieur des salles de classe, où enseignants et élèves se sont retrouvés coincés au milieu des tirs, incapables de se protéger.

Une crise humanitaire qui s’étend

La situation reste extrêmement préoccupante à Murhesa, Mudaka et Mugaka. Les habitants manquent de tout : abris, soins, eau potable, sécurité. Les écoles, lieux normalement sanctuarisés, se retrouvent désormais en première ligne des affrontements.

Un signal inquiétant dans un climat régional explosif

L’attaque survient en pleine intensification du conflit dans plusieurs zones du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, alors que les efforts diplomatiques autour de l’accord de paix de Washington tentent de prendre forme.

Sur les réseaux sociaux, des voix se lèvent pour dénoncer « la honte de la communauté internationale », accusée d’inaction face à des violences qui frappent désormais les salles de classe.

À Kabare Nord, l’inquiétude demeure extrême. Les habitants appellent au retour urgent du calme et à une protection réelle des civils, en particulier des élèves, devenus les victimes les plus vulnérables de ce conflit qui ne cesse de s’envenimer.

Diddy MASTAKI

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