Réunis en séance plénière le mardi 23 décembre 2025, les Sénateurs ont examiné l’analyse de la Cour des comptes sur le projet de loi portant révision du budget général de l’État pour l’exercice 2025-2026. Un rapport technique qui met en lumière des hausses inattendues, des exonérations jugées excessives et plusieurs interrogations sur la gestion des finances publiques.
Le Sénat a consacré sa séance de ce mardi à l’audition du rapport d’analyse de la Cour des comptes relatif au projet de loi de révision des prévisions budgétaires 2025-2026. Cette analyse a été présentée par le Président de cette institution, Léopold Kabura, qui a passé en revue les grandes lignes des recettes et des dépenses de l’État.
Selon la Cour des comptes, le budget révisé repose sur les prévisions des recettes à encaisser par le Trésor public et des dépenses à exécuter. Les recettes totales attendues s’élèvent désormais à plus de 5 004 milliards de Francs Burundais, contre plus de 4 821 milliards initialement prévus dans la loi de finances. Une augmentation de plus de 182 milliards de francs, soit 3,78 %, est ainsi enregistrée. Toutefois, le rapport pointe du doigt une forte hausse des exonérations fiscales et douanières. Entre juillet et novembre 2025, soit en cinq mois seulement, les exonérations accordées ont atteint plus de 141 milliards de francs burundais, alors que plus de 111 milliards étaient prévus pour toute la période, représentant 126,61 % du montant initialement programmé. Une situation qui dépasse largement les projections budgétaires.
La Cour relève également l’absence de prévisions claires concernant le compte destiné aux avances accordées aux étudiants (pré-bourses), sans indication précise des montants concernés. Autre constat préoccupant : la baisse des recettes issues de la commercialisation des produits agricoles de l’État, notamment le maïs géré par l’ANAGESSA, avec la fermeture pure et simple du compte y relatif.
Du côté des dépenses, les charges liées aux assurances ont connu une hausse significative de 57,95 %, tandis que les dépenses d’investissement ont bondi de 583 %. En revanche, le déficit budgétaire a été revu à la baisse : il s’établit désormais à plus de 347,9 milliards de Francs Burundais, contre plus de 436,8 milliards dans la loi initiale, soit une réduction de 20,33 %. Selon le rapport d’analyse, ce déficit devrait être comblé par des emprunts intérieurs à hauteur de plus de 394 milliards de Francs Burundais et des financements extérieurs estimés à plus de 46 milliards de Francs Burundais.
Face à ces constats, la Cour des comptes recommande au Sénat burundais de convoquer le Ministre en charge des Finances afin qu’il s’explique sur la montée des exonérations fiscales, l’affectation des fonds qui seront remboursés par les anciens étudiants, la baisse des recettes issues des entreprises commerciales de l’État, ainsi que sur l’augmentation des dépenses d’assurances et la réduction des contributions aux organisations internationales.
Une audition qui s’annonce décisive, alors que les Sénateurs cherchent à s’assurer que la révision budgétaire serve réellement la transparence, la discipline financière et les priorités de développement du pays.

