Le Premier ministre Burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé le vendredi 23 janvier à l’inauguration de deux datacenters modulaires destinés au Cloud gouvernemental, dans le cadre d’une initiative stratégique baptisée « zéro donnée à l’extérieur ».
Cette mesure vise à centraliser l’hébergement, l’exploitation et la sécurisation des données publiques, tout en facilitant le rapatriement de celles encore stockées à l’étranger. Piloté par le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, ce projet représente une avancée significative dans la modernisation de l’administration publique et l’affirmation de l’indépendance numérique du pays.
Les infrastructures nouvellement mises en service disposent d’une capacité combinée de 3 000 téraoctets de stockage, 105 600 gigaoctets de mémoire vive et 28 800 cœurs de processeurs. Elles sont conçues pour accueillir plus de 7 000 machines virtuelles et accélérer le transfert des plateformes publiques. Parmi les avantages attendus figurent une meilleure continuité des services, un renforcement de la cybersécurité et des économies substantielles. Le coût total du projet dépasse 15 milliards de francs CFA, avec des projections d’économies nettes estimées entre 85 et 95 milliards de francs CFA sur une décennie.
Lors de la cérémonie, le Premier ministre Ouédraogo a qualifié ces datacenters d‘« infrastructures à la hauteur des ambitions nationales », soulignant leur rôle stratégique dans la préservation de la souveraineté.
« Ces centres de données sont un acte de souveraineté et un jalon essentiel dans la construction d’un État moderne, maître de ses choix et de ses outils », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur l’importance de la maîtrise des données comme enjeu de sécurité nationale et d’autodétermination, ajoutant : « Héberger nos données hors de notre territoire revient à renoncer à une part de notre autodétermination. Le Burkina Faso ne peut plus l’accepter ».
Des directives ont été données pour que ces installations deviennent le socle exclusif des plateformes publiques et pour accélérer le rapatriement des données externes ou privées. Le chef du gouvernement a également annoncé la construction d’un nouveau datacenter national d’ici 2028, conforme aux normes internationales, destiné à l’administration, au secteur privé et aux acteurs numériques. Il a conclu en affirmant : « En consolidant notre souveraineté numérique, nous consolidons notre souveraineté nationale. En maîtrisant nos données, nous choisissons la liberté et la dignité ».
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large d’autonomie technologique au Burkina Faso, renforçant la protection et la modernisation des ressources numériques de l’État.

