Nord-Kivu : l’enfer à Musenge, des centaines de familles contraintes à l’exil après une attaque des ADF

Le village de Musenge, en territoire de Lubero (Nord-Kivu), est plongé dans la désolation depuis la nuit du 24 janvier 2026, suite à une attaque attribuée aux Forces démocratiques Alliées (ADF). Selon le colonel Alain Kiwewa, administrateur militaire du territoire, presque toutes les habitations ont été incendiées, de même que le centre de santé et l’église catholique, provoquant un exode massif des habitants.

« Deux militaires ont péri calcinés lors des affrontements. La majorité de la population se dirige actuellement vers Butembo, distante d’une trentaine de kilomètres », a précisé le colonel Kiwewa.

Il a ajouté que le bilan reste provisoire et qu’une évaluation complète est en cours par les forces conjointes Congolaises et Ougandaises.

Des civils pris au piège de l’insécurité

Parmi les déplacés, Marie, 38 ans, raconte : « Nous avons fui en pleine nuit. Les ADF ont mis le feu à tout le village. Je n’ai rien pu sauver, juste mes enfants. Nous marchons depuis plus de six heures et ignorons où nous allons passer la nuit ».

Pour Jean-Baptiste, 24 ans, la situation est désespérante : « Nos maisons et nos champs ont été détruits. Même l’école de mes frères et sœurs n’existe plus. Comment allons-nous survivre maintenant ? »

Les déplacements forcés exposent les habitants à des conditions de vie précaires, marquées par le manque de nourriture, d’eau potable, de soins médicaux et de sécurité sur la route vers Butembo. Les ONG locales et internationales alertent sur le risque d’une crise humanitaire majeure si aucune intervention rapide n’est organisée.

Une réponse militaire en cours

Pour contenir les assaillants, les FARDC et l’armée ougandaise ont mis en place des postes de contrôle autour de Musenge afin de sécuriser les routes et empêcher une expansion de l’attaque vers les villages voisins.

« Nous intensifions nos patrouilles pour neutraliser les ADF et protéger les civils », a indiqué le colonel Kiwewa.

Les destructions ciblées d’infrastructures essentielles compliquent également l’accès aux soins et la reprise des activités communautaires. Le centre de santé et l’église catholique, totalement détruits, ne peuvent plus accueillir les blessés ni assurer les services habituels.

Une insécurité qui perdure

Depuis plusieurs années, le Nord-Kivu est régulièrement frappé par les attaques des ADF, qui visent villages, infrastructures et populations civiles malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et leurs partenaires régionaux. Selon les rapports de la MONUSCO, cette insécurité chronique continue de freiner toute relance socio-économique et menace la stabilité de la province.

À Butembo, où de nombreux déplacés se réfugient, la tension est palpable. Une commerçante témoigne : « Chaque fois qu’une attaque est signalée dans les villages voisins, nous craignons que la ville soit la prochaine cible. La peur est constante ».

« Notre priorité reste la sécurité des habitants et la neutralisation des ADF », a conclu le colonel Kiwewa.

Mais selon lui, il est indispensable que l’État et la communauté internationale apportent un soutien concret pour reconstruire Musenge et soulager la population déplacée.

Diddy Mastaki

Dernières nouvelles

Actualités connexes