Ituri : vers une cohabitation fragile entre Hema et Lendu malgré les violences récurrentes

La province de l’Ituri continue de subir les conséquences des affrontements intercommunautaires, principalement entre les communautés Hema et Lendu. Ces tensions, profondément enracinées dans des différends fonciers historiques et la compétition pour les ressources naturelles, ont provoqué depuis plusieurs années des milliers de déplacés, des pertes humaines et la destruction de villages entiers.

Le mardi 27 janvier, à Mandro, Ezekere et Jina, des initiatives de médiation pilotées par la MONUSCO et impliquant notamment des femmes médiatrices ont permis de réduire temporairement les tensions. Ces dialogues locaux cherchent à restaurer la confiance entre les communautés et à limiter les violences, notamment dans les zones rurales où la présence de l’État reste faible.

Parallèlement, la réouverture du marché communautaire de Dzudda à Djugu constitue un symbole de résilience économique et sociale. Elle offre un espace où Hema et Lendu peuvent commercer ensemble et renouer le lien social, contribuant ainsi à une cohabitation pacifique.

Malgré ces efforts, la situation demeure préoccupante. Des attaques sporadiques, des vols de bétail, des incendies et des déplacements forcés continuent de toucher les populations. Les jeunes hommes sont souvent enrôlés de force dans les milices locales, et femmes et enfants restent vulnérables aux violences et aux abus.

Les ONG locales et internationales appellent à un engagement durable : sécurisation des zones à risque, désarmement des milices, renforcement de la justice et inclusion de toutes les couches sociales dans les processus de dialogue. La paix en Ituri reste fragile et dépend largement d’une coordination efficace entre autorités, communautés locales et partenaires internationaux.

Diddy Mastaki

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