L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) monte au créneau et réclame la libération immédiate des personnes interpellées lors d’une manifestation organisée le lundi à Beni, au Nord-Kivu. Cette mobilisation citoyenne intervenait à l’occasion du premier anniversaire de l’occupation de plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par les forces RDF/M23.
Dans un communiqué transmis à la presse, l’ACAJ affirme que les manifestants arrêtés, majoritairement des jeunes militants du mouvement citoyen LUCHA, participaient à une manifestation pacifique, régulièrement notifiée aux autorités locales. L’organisation dit détenir un accusé de réception officiel confirmant le respect des procédures légales.
Selon les informations recueillies par l’ACAJ, l’intervention des forces de l’ordre aurait été marquée par une répression jugée brutale et injustifiée.
« Des témoignages concordants évoquent des actes de violence physique, des coups portés avec des crosses d’armes, des passages à tabac et même des traitements dégradants infligés à certains manifestants », déplore l’association, qui met en cause l’autorité municipale et le commandement local de la police.
L’ACAJ affirme également que des initiatives similaires prévues à Goma auraient été étouffées en amont par des menaces d’arrestation et de mort, attribuées aux responsables du M23. Pour l’organisation de défense des droits humains, ces pratiques constituent de graves atteintes aux libertés publiques et au droit de manifester pacifiquement, garantis par la constitution Congolaise.
Face à cette situation, l’ACAJ appelle les autorités provinciales et nationales à faire respecter l’État de droit et à ordonner la libération sans condition des personnes arrêtées. Elle invite par ailleurs la communauté internationale à accentuer la pression diplomatique afin d’obtenir le retrait des forces rwandaises et du M23 des territoires occupés, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Sur le plan judiciaire, l’ACAJ annonce son engagement à assurer l’accompagnement légal des victimes et à mener un plaidoyer soutenu pour que les auteurs, qu’ils soient exécutants ou décideurs, répondent de leurs actes. L’organisation exhorte enfin le gouvernement central à garantir que l’impunité ne puisse en aucun cas couvrir les violations des libertés fondamentales, surtout dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Diddy Mastaki

