La politique Américaine sur les minerais critiques entre dans une nouvelle phase avec le lancement du « Project Vault », un dispositif stratégique de stockage évalué à 12 milliards de dollars, pensé comme une assurance industrielle face aux tensions géopolitiques, notamment avec la Chine. Cette initiative intervient alors que les États-Unis accueillent, le 04 février 2026 à Washington, la première ministérielle sur les minerais critiques, organisée par le département d’État sous l’égide du secrétaire d’État Marco Rubio.
À ce rendez-vous participent plusieurs délégations étrangères, dont celle de la République Démocratique du Congo, qui sera conduite par le président Félix Tshisekedi, pays central dans la chaîne mondiale du cobalt et d’autres métaux stratégiques. Dans ce contexte, l’administration Trump assume un tournant interventionniste.
Le président des États-Unis d’Amérique a expliqué ce mardi 3 février que « mon administration a pris des mesures extraordinaires pour s’assurer que les États-Unis d’Amérique disposent de tous les minerais critiques et terres rares dont nous avons besoin, notamment l’octroi d’autorisations pour des mines et la conclusion d’accords majeurs sur les minéraux critiques avec des pays du monde entier, avec qui nous entretenons de bonnes relations ».
Cette déclaration éclaire la logique du « Project Vault », conçu comme une réserve d’urgence capable de couvrir jusqu’à 60 jours de consommation nationale en métaux essentiels à l’électronique, à l’aéronautique et aux batteries.
Le projet repose sur un montage hybride mêlant État et grandes entreprises privées. Washington apporte près de 12 milliards de dollars sous forme de prêts et de garanties, tandis que des groupes industriels et technologiques comme Google, Boeing ou General Motors complètent le financement.
Pour Donald Trump, il s’agit d’un choix stratégique assumé : « sans ces ingrédients invisibles, impossible de fabriquer des puces électroniques, des batteries de smartphones ou des moteurs d’avions », a-t-il martelé, ajoutant que « la puissance technologique dépend désormais de la capacité à verrouiller l’accès aux matières premières ».
Cette approche rompt avec la logique d’achats au fil de l’eau et consacre la constitution de stocks comme instrument de souveraineté économique.
La ministérielle du 4 février s’inscrira précisément dans cette volonté de sécurisation collective des chaînes d’approvisionnement. Selon la communication officielle du département d’État, la rencontre vise à « promouvoir les efforts collectifs pour renforcer et diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, essentiels à l’innovation technologique, à la puissance économique et à la sécurité nationale ».
Dans ce cadre, la présence de la RDC est perçue par certains observateurs comme un signal politique fort. L’architecte d’origine Congolaise Laurent Tambwe résume cet état d’esprit en affirmant que « sur les minerais critiques, il faut se réjouir que la RDC est dans le jeu », une formule qui souligne autant les opportunités que les responsabilités liées à cette nouvelle géopolitique des ressources.
Abednego Manieka

