RDC–Émirats Arabes Unis : un accord économique global signé à Abou Dhabi avec l’ambition de 10 milliards USD d’échanges d’ici 2030

La République Démocratique du Congo et les Émirats Arabes Unis ont signé, en début de cette semaine au palais Qasr Al Watan d’Abou Dhabi, un Accord de Partenariat Économique Global (APEG), en présence des présidents Félix-Antoine Tshisekedi et Mohamed Ben Zayed Al Nahyane.

Présenté comme un jalon majeur du rapprochement économique entre Kinshasa et Abou Dhabi, l’accord s’inscrit dans la stratégie Emiratie de renforcement de ses relations avec l’Afrique et dans la volonté Congolaise de diversifier ses partenaires économiques.

Selon le président des Émirats Arabes Unis, cet engagement vise à dépasser une logique strictement commerciale : « Conformément à la politique des Émirats Arabes Unis visant à promouvoir une coopération au service du développement et du progrès pour tous, j’ai assisté aujourd’hui à Abou Dhabi […] à la signature de l’Accord de partenariat Économique Global entre les Émirats Arabes Unis et la République Démocratique du Congo », soulignant que l’objectif est de « parvenir à un développement partagé et renforcer les relations économiques, commerciales et d’investissement entre nos deux pays ».

Au-delà de la symbolique diplomatique, l’APEG couvre des domaines structurants : ouverture du marché émirati à environ 6 000 produits Congolais, commerce des services, commerce électronique, règles d’origine et promotion des investissements privés.

Les autorités Congolaises projettent une montée en puissance des échanges, estimés à 1,2 milliard USD en 2020, 3,5 milliards en 2023 et 4,5 milliards en 2024, avec un objectif affiché de 10 milliards USD à l’horizon 2030. Le ministre Congolais du commerce extérieur, Julien Paluku, insiste sur l’architecture institutionnelle prévue pour encadrer l’accord : « L’Accord de Partenariat Économique Global EAU-RDC a été signé, suivi du protocole sur les mines et de celui sur l’Académie diplomatique […] L’Accord prévoit des comités mixtes pour sa bonne exécution », ajoutant que des signatures sectorielles, notamment avec l’ONATRA pour la modernisation des infrastructures, accompagnent ce cadre général.

L’angle le plus sensible reste celui des ressources naturelles et des infrastructures, au cœur des critiques et des attentes. La présidence congolaise affirme que l’accord repose sur « une vision axée sur la transformation locale et des partenariats équilibrés », précisant que l’APEG vise notamment le « renforcement de la traçabilité des minerais et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement » ainsi que la construction du port en eaux profondes de Banana à Moanda.

De son côté, le Président Félix Tshisekedi présente ce partenariat comme un outil politique autant qu’économique, déclarant que l’APEG concrétise « une volonté commune de briser les réseaux mafieux par la transparence ».

Signalons que, si ces engagements nourrissent l’espoir de retombées sociales et économiques durables, ils posent aussi la question de la capacité de l’État congolais à garantir un équilibre réel entre attractivité des investissements, contrôle des ressources stratégiques et bénéfices tangibles pour la population.

Abednego Manieka

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