L’Angola explore l’acquisition d’une participation comprise entre 20 % et 30 % dans « De Beers », la filiale diamantaire du groupe Anglo American mise en vente dans un contexte de chute des prix des diamants naturels et de montée en puissance des pierres de synthèse. L’initiative Angolaise s’inscrit dans des discussions menées avec d’autres pays africains producteurs de diamants, notamment le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud, afin d’aboutir à une approche coordonnée sur l’avenir du groupe.
Selon le ministère Angolais des Mines, cette option marque un infléchissement par rapport à une précédente ambition de prise de contrôle majoritaire, alors que « De Beers », présent sur plusieurs continents, fait face à une baisse de sa production et à une réévaluation répétée de sa valeur par son actionnaire principal.
Les autorités Angolaises indiquent que la participation serait portée par les entreprises publiques Endiama et Sodiam, au nom de l’État. Le secrétaire d’État aux Ressources minérales, Jânio Corrêa Victor Tanganha, a expliqué la logique régionale de cette démarche en affirmant : « Il y a un dicton : ensemble nous sommes plus forts. C’est de cette manière que nous procédons. Et si mon voisin souffre, je souffre aussi. Nous devons donc être ensemble et nous battre ensemble comme une équipe ».
Sur le financement, il a précisé que le pays disposait de marges de manœuvre, sans en détailler les mécanismes. De son côté, l’analyste indépendant Paul Zimnisky a souligné l’ampleur du tournant potentiel pour le secteur, estimant que « le nouveau propriétaire sera en position de tracer fondamentalement l’avenir de toute l’industrie, pour le meilleur ou pour le pire », tout en mettant en garde contre une évolution trop étatisée du modèle : « De manière générale, je pense qu’un modèle d’entreprise plus privé ou capitalistique fonctionne mieux qu’un modèle davantage dirigé par les gouvernements ».

