L’Assemblée législative de Transition (ALT) du Burkina Faso a adopté à l’unanimité, le 09 février 2026 à Ouagadougou, un projet de loi abrogeant le cadre juridique des partis et formations politiques.
Les 69 députés présents ont voté en faveur de cette mesure, qui consacre l’abrogation de la loi n°032-2001/AN du 29 novembre 2001 portant charte des partis politiques, de la loi n°008-2009/AN du 14 avril 2009 sur leur financement et les campagnes électorales, ainsi que de la loi n°009-2009/AN du 14 avril 2009 relative au statut de l’opposition politique et son modificatif de 2013.
Cette décision fait suite à un décret présidentiel du 29 janvier 2026 dissolvant tous les partis politiques et transférant leurs biens à l’État. Selon le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, cette réforme s’inscrit dans la dynamique de refondation impulsée par le président Ibrahim Traoré, visant à rompre avec un système partisan jugé néocolonial et source de divisions. Elle répond aux aspirations exprimées lors de consultations régionales des forces vives et vise à renforcer l’unité nationale face aux défis sécuritaires actuels.
Des réactions locales positives ont été relevées dans certaines régions, comme à Titao où des habitants saluent la mesure pour son potentiel à favoriser la cohésion sociale. Cependant, des organisations internationales, telles que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), condamnent cette dissolution comme une atteinte grave au pluralisme politique et à l’espace civique, appelant au respect des engagements régionaux et internationaux du Burkina Faso.

