Infrastructures sous menace : au Sud-Kivu, le sabotage des chantiers routiers inquiète les autorités

Les travaux de réhabilitation routière au Sud-Kivu font face à de nouveaux obstacles sécuritaires. Le gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a dénoncé le pillage de plusieurs tonnes de goudron survenu le 15 février 2026 à Mudaka, dans le territoire de Kabare.

Selon les autorités provinciales, ces matériaux étaient destinés à la modernisation des axes Chivanga–Bunyakiri et Amsar–UCB Kalambo, deux tronçons considérés comme stratégiques pour la mobilité des populations rurales et l’acheminement des produits agricoles vers les centres urbains.

Des chantiers pris pour cibles

D’après le gouvernorat, le vol serait attribué à des éléments de l’AFC/M23/RDF, un mouvement armé opérant dans l’est de la République Démocratique du Congo. L’incident survient dans un contexte de tensions persistantes dans la province, où les groupes armés continuent de perturber les efforts de stabilisation.

Ce n’est pas un cas isolé. Un précédent vol de goudron destiné à la réhabilitation de la RN5 à Uvira avait déjà été signalé, suscitant des interrogations sur la sécurisation des projets d’infrastructures publics.

Un impact économique et social majeur

Les autorités provinciales estiment que ces actes compromettent directement les ambitions de désenclavement et de relance économique. Les routes concernées constituent des corridors essentiels pour les échanges commerciaux locaux, l’accès aux services sociaux de base et la circulation humanitaire.

Dans une province où l’état des infrastructures reste un défi majeur, chaque interruption de chantier entraîne des retards cumulés et un surcoût financier pour l’administration publique.

Un appel à la sécurisation des investissements publics

Le gouverneur appelle à un renforcement des dispositifs de sécurité autour des chantiers et à une mobilisation collective pour protéger les biens publics. Il rappelle que la modernisation des routes s’inscrit dans une dynamique nationale impulsée par le Président Félix Tshisekedi, visant à améliorer les conditions de vie et à stimuler la croissance économique.

Au-delà du fait divers, cet épisode met en évidence la fragilité des investissements publics dans les zones en proie à l’insécurité. Pour de nombreux observateurs, la consolidation de la paix demeure une condition préalable indispensable à toute stratégie durable de développement au Sud-Kivu.

Diddy Mastaki

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