Alors que la 94e convention de l’Association Canadienne des prospecteurs et entrepreneurs bat son plein à Toronto, la délégation Congolaise a saisi l’opportunité de la vitrine internationale pour présenter, ce mercredi 04 mars 2026, un bilan flatteur de son industrie extractive.
Devant un parterre d’investisseurs réunis pour l’événement « Spotlight on DRC », les responsables du ministère des Mines ont détaillé les performances records du secteur : une production annuelle de cuivre franchissant la barre des trois millions de tonnes, et un cours du cobalt qui a plus que doublé en l’espace de quelques mois pour avoisiner les 55 000 dollars la tonne.
Si ce tableau vise à rassurer sur la vigueur de l’économie malgré l’insécurité persistante dans les provinces de l’Est, il intervient dans un contexte où la transparence des chaînes d’approvisionnement reste un sujet de préoccupation majeur pour les partenaires occidentaux.
Au-delà des chiffres, c’est une stratégie de diversification qui a été déroulée devant les bailleurs de fonds et les géants miniers déjà présents sur le territoire, à l’image de Glencore ou Ivanhoe Mines.
L’annonce de la première production de lithium dans le Tanganyika, couplée au lancement d’une raffinerie d’or et au méga projet de fer MIFOR estimé à 29 milliards de dollars, dessine les contours d’une ambition : faire de la RDC un hub minier totalement intégré, et non plus un simple fournisseur de matières premières brutes.
Mais derrière la vitrine des réformes fiscales et de la digitalisation administrative vantées par Kinshasa, les observateurs présents à Toronto s’interrogent sur la capacité réelle de l’État à garantir un climat des affaires stable et sécurisé, alors que la partie orientale du pays échappe encore partiellement à son contrôle.

