La première cargaison d’anodes de cuivre produites en République Démocratique du Congo a été expédiée par le corridor de Lobito, marquant une étape importante dans la transformation locale des minerais.
Ces anodes proviennent de la fonderie du complexe minier Kamoa-Kakula, près de Kolwezi, considérée comme la plus grande fonderie de cuivre d’Afrique. Mise en service à la fin de décembre 2026 après un investissement estimé à 1,3 milliard de dollars, l’infrastructure dispose d’une capacité annuelle de production de 500 000 tonnes et emploie près de 1 000 personnes.
Pour l’entreprise Kamoa Copper, cette nouvelle étape vise notamment à réduire les coûts liés au transport du minerai et à renforcer la chaîne de valeur minière à l’intérieur du pays.
Selon les responsables du projet, la transformation du concentré en anodes permet de réduire significativement les volumes transportés et d’améliorer l’efficacité logistique. Olivier Binyingo, président du conseil d’administration de la joint-venture Kamoa Copper S.A., explique que « les coûts logistiques sont une partie très importante des coûts opérationnels du projet Kamoa-Kakula », ajoutant que « en passant du concentré aux anodes, on divise plus ou moins les volumes par deux et donc les coûts en logistique sont également divisés par deux ».
Il précise également que « la fonderie s’inscrit dans la politique du gouvernement de la République Démocratique du Congo qui souhaite qu’il y ait plus de valeur ajoutée créée sur le territoire », tout en soulignant les investissements énergétiques réalisés avec la SNEL pour réhabiliter la centrale de Mwadingusha et mettre en service une turbine d’Inga II afin d’alimenter le complexe industriel et renforcer l’électricité injectée dans le réseau national.
Des observateurs de la gouvernance minière considèrent ce projet comme un tournant industriel, tout en rappelant l’importance d’une meilleure intégration des communautés locales dans le développement économique lié à l’exploitation des ressources.

