La Banque centrale du Nigeria se prépare à intervenir sur le marché des changes afin de protéger le naira contre d’éventuelles turbulences financières provoquées par la montée des tensions au Moyen‑Orient.
La fuite des capitaux vers des actifs jugés plus sûrs, notamment le dollar américain, exerce une pression croissante sur plusieurs monnaies des marchés émergents depuis le déclenchement du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
Dans ce contexte, le naira s’est déprécié d’environ 1,3 % face au dollar depuis la fin février, une baisse toutefois plus modérée que celles observées pour le rand Sud-Africain ou la livre égyptienne. Les autorités monétaires nigérianes ont déjà procédé à plusieurs interventions sur le marché des devises afin d’éviter une chute plus brutale de la monnaie nationale et de préserver la confiance des investisseurs.
La situation économique du Nigeria demeure toutefois marquée par un équilibre fragile entre opportunités et risques. La hausse des prix du pétrole, alimentée par les tensions autour du détroit stratégique d’Ormuz, renforce les recettes d’exportation du premier producteur de brut d’Afrique.
Mais cette embellie énergétique intervient alors que l’inflation reste élevée et que les autorités tentent de stabiliser les marchés financiers.
Les flux d’investissements dans les obligations Nigérianes à rendement élevé contribuent pour l’instant à soutenir la monnaie, tandis que les décideurs monétaires cherchent à maintenir une trajectoire de désinflation tout en évitant une volatilité excessive du taux de change.

