Le Chef de service de l’Inspection Générale des Finances (IGF), Christophe Bitasimwa, a animé une conférence de presse la semaine passée, consacrée au lancement de la vulgarisation du contrôle systémique, une réforme présentée comme une nouvelle étape dans la modernisation du contrôle des finances publiques en République Démocratique du Congo.
Au cours de cette rencontre avec les médias, le patron de l’IGF a exposé la vision de l’institution en matière de surveillance financière, de digitalisation du contrôle et de prévention des détournements des deniers publics.
Répondant aux préoccupations des journalistes sur la gestion de la ville de Kinshasa, Christophe Bitasimwa a affirmé que les opérations de contrôle se poursuivent normalement dans plusieurs secteurs, notamment celui des infrastructures où les équipes de l’IGF assurent un suivi permanent des dépenses publiques et de l’exécution des projets financés par l’État.
Le Chef de service de l’IGF a particulièrement insisté sur la portée du contrôle systémique qu’il considère comme une réforme majeure appelée à transformer profondément les mécanismes de contrôle public.
Selon lui, cette nouvelle approche permettra de mettre fin aux irrégularités et aux combines dès leur origine grâce à la disponibilité des informations financières en temps réel.
« Lorsqu’il y a toutes les informations, nous pouvons contrôler au premier degré avant même l’intervention de l’IGF dans le cadre de la contre-vérification », a-t-il expliqué devant les journalistes.
Dans cette logique, l’IGF prévoit de se connecter progressivement à l’ensemble des flux financiers afin d’obtenir les informations nécessaires en temps réel. Christophe Bitasimwa a estimé qu’aucun contrôle sérieux des finances publiques ne peut être réalisé sans une parfaite maîtrise des circuits financiers.
« L’IGF ne peut pas contrôler efficacement les finances publiques si elle ne maîtrise pas les flux financiers », a-t-il déclaré.
Pour le Chef de service, la digitalisation constitue aujourd’hui un outil essentiel pour améliorer la transparence, prévenir les fraudes et renforcer l’efficacité des missions de contrôle.
Interrogé sur les risques de cyberattaques dans le cadre de cette modernisation numérique, Christophe Bitasimwa s’est montré rassurant en affirmant que toutes les dispositions seront prises pour sécuriser les systèmes informatiques et protéger les données financières de l’État.
Il a précisé que le logiciel qui sera utilisé dans le cadre du contrôle systémique bénéficiera d’un système de protection adapté aux standards modernes de cybersécurité. Il a également assuré que l’IGF poursuivra ses efforts afin de s’adapter continuellement à l’évolution technologique.
Au cours de cette conférence de presse, le Chef de service de l’IGF a également démontré, chiffres à l’appui, que les finances publiques congolaises présentent aujourd’hui des signaux encourageants malgré les nombreux défis auxquels le pays reste confronté.
Revenant sur le contrôle systémique, Christophe Bitasimwa a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas de la fin de la patrouille financière, mais plutôt de son amélioration et de sa modernisation.
« Le contrôle continue », a-t-il martelé, précisant que le contrôle systémique constitue une version améliorée de la patrouille financière.
Il a expliqué que cette réforme s’inscrit dans le cadre du plan triennal 2026-2028 de l’IGF et que sa mise en œuvre se fera progressivement, parallèlement au processus de digitalisation des services publics.
Répondant à une question sur la création du Tribunal pénal économique et financier ainsi que du parquet y rattaché, Christophe Bitasimwa s’est réjoui de cette initiative qu’il considère comme une avancée importante dans la lutte contre les crimes économiques et financiers.

