Le débat autour de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République Démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus politique au sein de l’Assemblée nationale. Alors que l’opposition parlementaire dénonce une initiative susceptible d’ouvrir la voie à une modification de la Constitution, la majorité présidentielle défend un simple exercice de législation conforme aux prérogatives du Parlement.
Portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy, cette proposition de loi, déposée depuis décembre 2024, définit le cadre légal du référendum en RDC. Le texte prévoit notamment les règles relatives aux différents types de consultations référendaires, au contentieux électoral ainsi qu’aux dispositions pénales et transitoires.
Lors de la plénière organisée ce mercredi 27 mai 2026, les tensions ont été visibles dans l’hémicycle après le retrait de plusieurs députés de l’opposition, notamment ceux du groupe « Ensemble », opposés à l’examen du texte.
Face à cette contestation, le député Aimé Boji a défendu la légitimité des débats engagés au Parlement.
« Vous êtes un parlementaire et personne ici n’organise le référendum : nous sommes ici en train d’exercer notre prérogative de légiférer », a-t-il déclaré.
Par cette déclaration, Aimé Boji a cherché à dissocier l’examen de la loi de toute démarche immédiate de révision constitutionnelle, affirmant que le Parlement travaille uniquement sur un cadre juridique prévu par les institutions de la République.
Le député a également insisté sur le rôle du peuple dans le fonctionnement démocratique du pays, estimant que cette loi vise à permettre aux citoyens de se prononcer directement sur des questions jugées essentielles pour la nation.
« L’objet de ce texte est de doter la République d’un instrument qui permettrait à notre population souveraine de s’exprimer sur des questions importantes de la vie nationale », a-t-il ajouté.
Dans ses propos, l’élu de la majorité a aussi critiqué l’attitude des députés ayant boycotté les travaux parlementaires.
« Si l’opposition ne veut pas que le peuple s’exprime, elle est libre de sortir de la plénière », poursuit-il.
Cette sortie illustre la fracture politique qui se creuse davantage autour de la question du référendum en RDC. Tandis que l’opposition redoute un changement des équilibres institutionnels, la majorité soutient que la Constitution reconnaît déjà ce mécanisme démocratique.
« La Constitution a prévu cette disposition pour permettre au souverain primaire de se prononcer sur ces questions importantes », renchérit-il.
Malgré les contestations et les reports enregistrés ces dernières semaines, la majorité parlementaire affiche sa détermination à poursuivre l’examen de cette proposition de loi.
« En toute sérénité, nous allons poursuivre nos travaux », a-t-il conclu.
Le débat sur cette loi pourrait ainsi devenir l’un des principaux sujets politiques des prochains mois en RDC, dans un contexte où toute discussion liée à la Constitution demeure particulièrement sensible.
Diddy Mastaki

