Sud-Kivu : le CJIOP-RDC dénonce la gestion provinciale et réclame un changement de leadership

Dans un contexte marqué par des tensions politiques et sécuritaires persistantes dans l’Est de la République Démocratique du Congo, plusieurs voix continuent de s’élever pour alerter sur la situation de gouvernance au niveau provincial. Le Sud-Kivu, déjà fragilisé par l’insécurité et les conflits armés, fait aujourd’hui face à une crise institutionnelle qui inquiète de plus en plus les acteurs de la société civile.

C’est dans cette dynamique que le Cabinet des Jeunes Intègres pour l’Orientation des Politiques Publiques en RDC (CJIOP-RDC) a adressé, le 06 mai 2026, une correspondance officielle au Président de la République pour solliciter son intervention urgente. Dans ce document, cette structure citoyenne évoque la nécessité d’un arbitrage institutionnel afin de rétablir l’ordre et la stabilité au sein de la province du Sud-Kivu.

Dans son analyse, le CJIOP-RDC dresse un tableau critique de la gestion actuelle de l’exécutif provincial. Il pointe notamment un manque de cohésion entre les dirigeants, une incapacité à répondre aux besoins de base de la population ainsi qu’une dégradation continue de la situation sécuritaire.

Selon cette structure, plusieurs zones comme Baraka, Uvira, Fizi, Mwenga et Shabunda sont confrontées à des violences répétées, impliquant aussi bien des groupes armés que certains éléments incontrôlés.

Poursuivant son argumentaire, le CJIOP-RDC met également en avant des problèmes de gouvernance, notamment le non-respect des engagements pris devant l’Assemblée provinciale, le non-paiement des émoluments des députés et l’absence d’initiatives concrètes en matière de développement. Il évoque aussi des accusations liées à l’exploitation illicite des ressources naturelles, notamment dans le territoire de Mwenga.

Dans une autre partie du document, la structure attire l’attention sur une fragmentation progressive de la province. Elle distingue trois zones : certaines sous contrôle de groupes armés, d’autres partiellement administrées par les autorités, et enfin des zones qu’elle qualifie d’abandonnées, où l’autorité de l’État est quasiment inexistante.

Face à cette situation jugée préoccupante, le CJIOP-RDC formule plusieurs recommandations. Il appelle notamment le Président de la République à jouer pleinement son rôle de garant des institutions en intervenant pour restaurer l’ordre. Il demande également l’autorisation de la tenue d’une séance plénière à l’Assemblée provinciale afin d’examiner une motion de censure contre l’exécutif en place, ainsi que la facilitation d’un changement de leadership capable de répondre aux attentes de la population.

Alors que la crise persiste et que les tensions restent vives dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, cette interpellation relance le débat sur la gouvernance provinciale et sur le rôle des institutions nationales dans la gestion des crises locales.

Bubasha Djuma Bob

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