Insécurité persistante à l’Est : les massacres des ADF aggravent la crise humanitaire et économique

La recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des ADF dans l’Est de la République Démocratique du Congo continue d’alourdir le bilan humanitaire et de fragiliser davantage l’économie locale. En l’espace de trois jours seulement, au moins quarante-six (46) civils ont été tués dans plusieurs attaques survenues dans les territoires de Beni, Irumu et Mambasa, selon le Baromètre Sécuritaire du Kivu.

D’après cette structure de veille sécuritaire, les violences ont été enregistrées entre le 05 et le 07 mai dans plusieurs villages de ces zones déjà confrontées à une instabilité chronique.

« Entre le 5 et 7 mai, au moins 46 civils ont été tués dans des attaques attribuées aux ADF : 22 au village Manzamba en territoire de Beni ; 6 en chefferie des Walese-Vonkutu dans le territoire d’Irumu et 18 à Biakato en territoire de Mambasa », souligne Baromètre Sécuritaire du Kivu.

Au-delà du lourd bilan humain, ces violences provoquent de nouveaux déplacements massifs des populations civiles vers des centres considérés comme plus sécurisés. Des familles abandonnent leurs villages, leurs champs et leurs activités économiques, accentuant la précarité dans plusieurs localités du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Dans certaines zones affectées, les activités agricoles et commerciales tournent au ralenti, tandis que les axes routiers deviennent de plus en plus dangereux. Cette situation entraîne une hausse des prix des produits de première nécessité et affaiblit davantage les revenus des ménages déjà éprouvés par des années de conflit.

Les attaques surviennent malgré la poursuite des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF dites « Shujaa », menées contre les ADF. Initialement actifs dans le massif du Ruwenzori, ces rebelles affiliés au groupe État islamique ont progressivement étendu leur champ d’action dans plusieurs territoires de l’Est Congolais.

Face à cette nouvelle flambée de violences, des acteurs de la société civile appellent à un renforcement urgent des mécanismes de protection des civils ainsi qu’à une meilleure prise en charge humanitaire des populations déplacées.

Diddy Mastaki

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