Alors que les débats autour d’un éventuel changement de la Constitution continuent de diviser l’opinion en République Démocratique du Congo, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a exprimé sa profonde inquiétude face aux discussions visant une possible révision constitutionnelle avant la fin du second mandat du président Félix Tshisekedi prévue en 2029.
Dans une déclaration publiée le 17 mai 2026, Denis Mukwege estime que cette initiative représente une menace pour les principes démocratiques et pour la stabilité du pays, déjà confronté à une grave crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Le médecin Congolais et défenseur des droits humains affirme que la priorité nationale devrait être la restauration de la paix, de la sécurité et de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national, plutôt qu’un débat sur la modification de la Loi fondamentale.
Selon lui, la RDC traverse actuellement une période particulièrement sensible marquée par la guerre dans l’Est du pays, les déplacements massifs des populations et les tensions politiques croissantes.
« Les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en RDC », a déclaré Denis Mukwege, dénonçant ce qu’il considère comme une volonté de certaines forces politiques de se maintenir au pouvoir au détriment du principe de l’alternance démocratique.
Dans sa déclaration, Denis Mukwege critique également les discours évoquant un éventuel report des élections prévues en 2028 pour des raisons sécuritaires.
Il estime qu’il serait contradictoire d’évoquer l’impossibilité d’organiser les élections dans certaines provinces tout en envisageant simultanément un référendum national sur le changement de la Constitution.
Le Prix Nobel de la paix rappelle par ailleurs que plusieurs dispositions constitutionnelles interdisent toute révision concernant le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Il cite notamment l’article 220 de la Constitution Congolaise qui précise que le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.
Denis Mukwege dénonce aussi la gouvernance actuelle qu’il qualifie de décevante sur les plans sécuritaire, économique et social.
Selon lui, le véritable problème de la RDC ne réside pas dans les textes juridiques mais plutôt dans la qualité de la gouvernance et dans le respect des valeurs démocratiques.
Dans son message, il appelle les Congolais à rester unis face aux défis sécuritaires et politiques auxquels le pays est confronté.
Il invite également les forces vives de la nation à défendre la Constitution et à éviter toute division susceptible de fragiliser davantage le pays dans le contexte actuel de guerre dans l’Est.
Denis Mukwege a enfin exhorté le pouvoir en place à ne pas engager le pays dans ce qu’il qualifie de « débat explosif » sur la modification de la Constitution, estimant qu’une telle initiative pourrait provoquer une nouvelle crise politique et institutionnelle en RDC.
Pour le Prix Nobel de la paix, la priorité demeure la paix, la cohésion nationale et la construction d’un État de droit capable de garantir la stabilité et la dignité du peuple Congolais.
Bubasha Djuma Bob

