Crise dans l’Est du Congo : Xavier Bettel accusé de bloquer les sanctions contre le Rwanda

Le veto du ministre des Affaires étrangères Luxembourgeois, Xavier Bettel, contre les sanctions de l’Union Européenne à l’égard du Rwanda et du M23 suscite une vive indignation au Luxembourg et au-delà. Accusé de privilégier les intérêts économiques au détriment des principes, le chef de la diplomatie Luxembourgeoise fait face à une montée de critiques de l’opposition, de la société civile et de la communauté Congolaise.

Lundi dernier, à Bruxelles, lors d’une réunion avec ses homologues Européens, Xavier Bettel a été le seul à s’opposer aux sanctions ciblées contre dix officiers Rwandais et chefs de guerre du M23. Officiellement, il a justifié sa position par la nécessité d’attendre les résultats des efforts de la médiation Africaine avant toute prise de décision. Dans les faits, son veto a empêché l’UE d’annoncer des mesures coercitives contre les responsables du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Pendant ce temps, la situation humanitaire se détériore. Après avoir conquis Goma en janvier, le M23 appuyé par Kigali selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, a récemment annoncé la prise de Bukavu. Des centaines de milliers de Congolais sont en fuite, et le bilan humain s’alourdit chaque jour.

La décision de Bettel ne passe pas. Plusieurs partis politiques Luxembourgeois, notamment Déi Lénk, les Pirates et Déi Gréng, ont interpellé le gouvernement et exigent des explications. La société civile s’insurge également contre cette position, dénonçant un alignement sur les intérêts économiques plutôt que sur la défense des droits humains.

« Nous sommes choqués que le Luxembourg bloque une solution Européenne qui aurait pu atténuer la crise », a déclaré Sebastian Weier du Cercle des ONG à RTL.

La communauté Congolaise au Luxembourg prévoit une manifestation début mars pour exprimer son mécontentement.

Déi Lénk a publié un communiqué critique, accusant le gouvernement de tolérer les violations du droit international par Kigali pour préserver ses relations économiques. En effet, le Luxembourg a renforcé ses liens avec le Rwanda ces dernières années, notamment en ouvrant une ambassade à Kigali et en consolidant les échanges entre leurs centres financiers.

Le chef de la diplomatie Luxembourgeoise semble jouer un double jeu. Alors qu’il plaide pour l’abandon de la règle de l’unanimité dans la politique étrangère de l’UE, il l’utilise pour bloquer des sanctions contre le Rwanda. De plus, en janvier, il qualifiait le Rwanda de « partenaire mondial important » pour le Luxembourg et relativisait ses responsabilités dans la guerre à l’Est du Congo.

Face aux critiques, Xavier Bettel tente de rassurer en affirmant qu’il soutient les sanctions, mais qu’il veut d’abord attendre l’issue des discussions diplomatiques Africaines. Une position jugée insuffisante par ses détracteurs, qui y voient une stratégie d’évitement.

Ce blocage intervient alors que la communauté internationale s’inquiète d’une possible escalade du conflit. Kinshasa, qui réclame des sanctions contre le Rwanda pour son soutien au M23, pourrait se retrouver isolé diplomatiquement si l’UE ne prend pas position.

L’attitude du Luxembourg pose également la question de l’influence de Kigali en Europe. En protégeant ses intérêts économiques, Bettel met-il en péril l’engagement de l’UE en faveur de la paix et des droits humains en Afrique centrale ?

La question reste ouverte, mais une chose est sûre : la pression sur Xavier Bettel ne cesse d’augmenter, et son veto risque de lui coûter cher sur la scène politique luxembourgeoise et Européenne.

Diddy MASTAKI

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