RDC : la Force Grise démonte l’allocution de Joseph Kabila et défend le bilan de Félix Tshisekedi

Dans une déclaration politique percutante, la Force Grise pour la Démocratie et le Progrès Social (FG/DPS) réagit vigoureusement au récent message du Sénateur à vie Joseph Kabila. Pour cette structure proche de l’UDPS, l’ancien Président se livre à une lecture biaisée de l’histoire récente et tente de discréditer les acquis du régime actuel.

La réapparition médiatique de Joseph Kabila, dans une rare adresse à ses partisans, continue de susciter de vives réactions sur l’échiquier politique congolais. Cette fois, c’est la Force Grise pour la Démocratie et le Progrès Social (FG/DPS), une structure d’analyse et d’appui stratégique rattachée à l’UDPS, qui monte au créneau.

Dans une déclaration en dix points, la FG/DPS démonte les arguments avancés par l’ancien chef de l’État et rappelle que son intervention ne saurait être considérée comme une adresse officielle à la Nation.

« L’article 77 de la Constitution réserve ce privilège au Président de la République en fonction, pas à un Sénateur à vie », indique le document.

Un bilan contesté

La FG/DPS s’insurge contre l’auto-célébration du Sénateur à vie qui affirme avoir laissé en 2019 un pays pacifié et stabilisé.

« C’est une contre-vérité historique. Les violences à l’Est, notamment, sont les conséquences directes des rébellions que Kabila a soutenues depuis 1996 », martèle le groupe, citant notamment l’AFDL, le RCD et le CNDP.

Sur le plan politique, la FG/DPS revient sur la rupture entre le FCC et le CACH. Elle estime que cette séparation n’a nullement violé un prétendu « pacte républicain », mais qu’elle a au contraire permis de libérer les institutions des blocages orchestrés par le camp Kabila.

Droit institutionnel et réformes

La déclaration s’attarde aussi sur les accusations de contrôle de la Cour constitutionnelle et de la CENI par le pouvoir actuel.

« Toutes les désignations ont respecté les formes légales, contrairement aux pratiques opaques du passé », note le document.

Concernant la gouvernance économique, la FG/DPS affirme que la RDC est aujourd’hui l’un des pays les moins endettés de la sous-région, avec un ratio dette/PIB largement maîtrisé. Elle cite également l’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques, dont le PIB/habitant et la stabilité du taux de change.

Sécurité, salaires, justice sociale

Sur les questions sociales, la FG/DPS se félicite de la régularité des salaires des fonctionnaires et des efforts faits pour lutter contre la pauvreté grâce à des programmes soutenus par la Banque mondiale et le FMI.

En matière de sécurité, la Force Grise dénonce l’état catastrophique dans lequel l’armée avait été laissée.

« La réforme des FARDC est en cours avec des lois de programmation, la réhabilitation des centres de formation et une meilleure structuration des forces », précise le communiqué.

Enfin, sur le plan institutionnel, la FG/DPS salue les avancées démocratiques enregistrées depuis 2019 : fonctionnement régulier des institutions, justice plus indépendante et libertés publiques mieux garanties.

Un appel au respect de la République

La déclaration se termine sur un ton solennel : « Les anciens dirigeants doivent se montrer à la hauteur de l’histoire. Plutôt que de semer la confusion, ils devraient jouer un rôle constructif pour l’avenir du pays ».

Ce message, ferme et argumenté, vient rappeler que la bataille politique en RDC se joue désormais aussi sur le terrain de la mémoire, des chiffres et du droit constitutionnel. Et que l’héritage de chaque régime mérite d’être examiné à la lumière des faits, et non des récits personnels.

Diddy MASTAKI

Dernières nouvelles

Actualités connexes