Bruxelles : Ramaphosa appelle à une diplomatie Africaine pour apaiser les tensions entre Kigali et Kinshasa

Au Global Gateway Forum, la voix du président sud-africain Cyril Ramaphosa a résonné comme un plaidoyer pour une paix africaine par les Africains. En marge de ce sommet international, il a appelé à un sursaut diplomatique entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC), saluant les récents signaux d’ouverture entre Paul Kagame et Félix Tshisekedi.

« Je sens une véritable énergie dégagée par les Présidents Paul Kagame et Felix Tshisekedi pour avancer vers la paix. C’est un moment important pour notre région et pour l’Afrique tout entière », a-t-il déclaré à Bruxelles.

Un plaidoyer pour la diplomatie régionale

Face aux tensions persistantes dans l’Est de la RDC où les accusations croisées de soutien aux groupes armés (M23 côté Rwandais, FDLR côté congolais) entretiennent la méfiance, Ramaphosa privilégie la voie du dialogue. Pour lui, la solution ne viendra ni des armes ni des ingérences extérieures, mais d’un engagement sincère des dirigeants africains à bâtir un climat de confiance.

« Le dialogue reste la clé. Nous devons renforcer les mécanismes africains de paix et consolider les efforts de la SADC et de l’Union africaine », a insisté le Président Sud-Africain.

Son message trouve un écho particulier alors que les initiatives diplomatiques Africaines semblent regagner du terrain face aux approches internationales souvent jugées inefficaces ou partiales.

Entre méfiance et volonté d’apaisement

La main tendue entre Kigali et Kinshasa reste fragile. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent dans certaines zones du Nord-Kivu et de l’Ituri, illustrant la complexité d’un conflit où se mêlent intérêts sécuritaires, économiques et géopolitiques. Pourtant, le ton mesuré de Ramaphosa contraste avec les discours de défiance souvent observés dans la région.

Son optimisme prudent incarne une vision : celle d’une Afrique capable de gérer ses crises par la concertation et la responsabilité collective. À Bruxelles, le Président Sud-Africain n’a pas seulement salué un rapprochement entre deux chefs d’État, il a aussi relancé le débat sur le leadership africain dans la résolution des conflits continentaux.

Un souffle d’espoir pour la région des Grands-Lacs

Alors que la communauté internationale appelle à la désescalade des tensions et à la stabilisation de la région, les propos de Ramaphosa rappellent que la paix durable ne peut être imposée de l’extérieur.

À l’heure où les peuples de la région paient encore le prix des rivalités politiques et militaires, l’appel de Bruxelles sonne comme une invitation à renouer avec la diplomatie et la responsabilité historique des dirigeants Africains.

Dans une région où la méfiance a trop souvent pris le pas sur la coopération, la main tendue de Cyril Ramaphosa pourrait bien représenter une nouvelle voie vers la paix celle d’une Afrique qui se parle, qui s’écoute et qui agit pour elle-même.

Diddy MASTAKI

Dernières nouvelles

Actualités connexes