Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de proroger le mandat de la MONUSCO, marquant de facto une pause dans le désengagement progressif annoncé ces dernières années. Cette décision intervient dans un contexte de reprise des combats, d’effondrement de l’accès humanitaire et de multiplication des déplacements forcés de populations dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon la résolution adoptée, le retrait de la mission onusienne demeure conditionné à « un renforcement amélioré et simultané des capacités et de l’autorité de l’État », une exigence que le Conseil juge encore loin d’être remplie, en particulier au Nord-Kivu et en Ituri.
Le texte souligne que la dégradation sécuritaire rend toute réduction significative de la présence onusienne politiquement et opérationnellement irréaliste. La zone d’opérations de la MONUSCO reste ainsi concentrée au Nord-Kivu et en Ituri, tout en autorisant des activités de surveillance liées au cessez-le-feu au Sud-Kivu, reflétant une géographie du mandat alignée sur celle de la crise.
Sur le terrain, la mission est appelée à maintenir un équilibre délicat : protéger les civils sans se substituer à l’État congolais, et appuyer les forces nationales tout en respectant strictement les normes internationales. La résolution rappelle que toute assistance aux opérations conjointes devra être conforme à la « politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme » des Nations unies, sous peine de suspension.
Sur le plan politique, le Conseil de sécurité réaffirme son soutien aux différents efforts de médiation régionaux et internationaux, tout en maintenant le rôle central de l’Union africaine. Il autorise la MONUSCO à appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, à condition que celui-ci dépasse le stade des engagements diplomatiques. Conscient de la contestation persistante de la mission par une partie de l’opinion congolaise, le Conseil insiste également sur la nécessité d’une « communication stratégique dynamique » afin d’expliquer le mandat et de contrer la désinformation.
Plus de vingt-cinq ans après l’arrivée des premières opérations de paix en RDC, la prolongation de la MONUSCO apparaît moins comme une solution que comme le reflet d’un conflit durable, que la communauté internationale continue de contenir faute de solution politique et sécuritaire crédible

