La République Centrafricaine (RCA) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de mobilisation de la finance climatique en formant une soixantaine d’acteurs nationaux aux mécanismes internationaux de financement liés au climat, notamment le Fonds vert pour le climat (FVC) et le Fonds d’adaptation.
Cette session de renforcement des capacités, organisée à Bangui du 4 au 8 août 2025 par le ministère de l’Environnement et du Développement durable, a bénéficié de l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à travers l’Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD), ainsi que du soutien de la région Wallonne, via l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat (AWAC).
Malgré un important potentiel naturel terres agricoles fertiles, ressources forestières et hydriques abondantes la RCA demeure l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique et figure parmi les derniers au classement mondial de l’indice de développement humain. Tempêtes, inondations et sécheresses affectent de plus en plus les populations, majoritairement rurales et jeunes.
L’objectif de la formation était de permettre aux administrations publiques, au secteur privé et à la société civile de mieux concevoir des projets climatiques conformes aux critères stricts exigés par les bailleurs internationaux. À l’issue des travaux, plusieurs notes conceptuelles sont en cours de finalisation, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de la gestion des ressources en eau.
Les experts mobilisés ont insisté sur l’importance du « rationnel climatique », un élément clé permettant de démontrer le lien direct entre les activités proposées et les impacts du changement climatique. Une approche jugée indispensable pour éviter que les projets soumis ne soient assimilés à de simples initiatives de développement non éligibles aux financements climatiques.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du programme de préparation du Fonds vert pour le climat (Readiness), doté d’un budget de trois millions de dollars sur trois ans, qui vise à renforcer l’appropriation nationale, à développer un portefeuille de projets bancables et à améliorer la production de données climatiques fiables.
À terme, les autorités Centrafricaines ambitionnent de disposer d’experts nationaux capables de structurer, soumettre et défendre des projets climatiques compétitifs, afin de capter davantage de financements internationaux et de renforcer la résilience du pays face aux effets du changement climatique.
Diddy Mastaki

