Lors d’une audition, le sous-comité Afrique de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique, le 22 janvier 2026, l’ambassadrice du Rwanda à Washington a adressé une déclaration, Mathilde Mukantabana, a reconnu de manière inédite la collaboration de son pays avec le groupe armé AFC/M23. Elle a déclaré que « le Rwanda participe effectivement à une coordination sécuritaire avec l’AFC/M23 », présentant cette alliance comme une mesure défensive.
Elle a justifié cette position en affirmant que « le Rwanda et l’AFC/M23 partagent un intérêt commun à protéger les Tutsis en RDC contre les FDLR et d’autres milices extrémistes soutenues par les FARDC », et que l’objectif du Rwanda est d’« empêcher une autre insurrection transfrontalière génocidaire, comme à la fin des années 1990, qui pourrait menacer l’existence même du Rwanda ».
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où la violence atteint des sommets dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon un rapport couvrant le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le mois de décembre 2025 a été le plus sanglant du dernier trimestre, avec 379 civils tués, dont 264 dans la seule province du Sud-Kivu. Cette flambée de violence est attribuée en grande partie à l’offensive de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir militairement, une accusation désormais confirmée par les déclarations de l’ambassadrice.
L’audition au vongrès américain visait à évaluer la promotion de la paix après la signature des Accords de Washington, entérinés un mois plus tôt par les présidents Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump. Malgré ces accords, la désescalade sur le terrain n’est pas observable et les processus diplomatiques parallèles, comme les discussions de Doha, peinent à produire des résultats.
Face à cette inertie, la secrétaire adjointe Américaine pour l’Afrique centrale, Sarah Troutman, a réaffirmé le rôle de garant des États-Unis, déclarant : « Nous veillerons à ce que les promesses faites à Washington soient tenues, que le processus de paix produise des résultats concrets afin que les populations de la région constatent des améliorations tangibles dans leur vie. La transparence et la responsabilité sont essentielles à chaque étape, et ceux qui menacent la paix devront répondre de leurs actes ».
Dans ce paysage diplomatique complexe, l’Angola opère un retour discret comme médiateur, tandis que d’autres acteurs africains, comme le Togo, prévoient de nouvelles initiatives pour consolider la paix.

