Le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Ougandais Yoweri Museveni et acteur central de l’appareil sécuritaire du pays, a adressé un avertissement sans détour aux États-Unis d’Amérique, en réaction aux rumeurs persistantes de sanctions visant l’Ouganda ou certains de ses dirigeants.
Dans une déclaration publique au ton particulièrement offensif, le général Kainerugaba a prévenu que toute sanction imposée par Washington entraînerait une réponse équivalente de la part de Kampala. Il a affirmé que l’Ouganda n’hésiterait pas à adopter des mesures de représailles si des responsables américains décidaient de sanctionner le pays ou ses dirigeants, pour quelque motif que ce soit. Ses propos ont visé, de manière implicite mais directe, la classe politique américaine, y compris d’anciens hauts responsables.
Cette prise de position intervient dans un climat déjà tendu entre l’Ouganda et plusieurs partenaires occidentaux. Les relations avec les États-Unis d’Amérique sont régulièrement marquées par des divergences profondes sur les questions de droits humains, de gouvernance démocratique et de traitement de l’opposition politique. Washington a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité de sanctions ciblées contre des responsables ougandais accusés de violations graves.
Connu pour ses déclarations provocatrices, notamment sur les réseaux sociaux, Muhoozi Kainerugaba s’impose de plus en plus comme une voix assumée du nationalisme sécuritaire ougandais. Ses propos traduisent la volonté des autorités de Kampala de rejeter toute pression extérieure perçue comme une ingérence dans les affaires internes du pays.
Cependant, plusieurs analystes estiment que ce type de discours pourrait fragiliser davantage les relations bilatérales avec les États-Unis, pourtant partenaires clés de l’Ouganda en matière de coopération militaire, de lutte contre le terrorisme et de stabilité régionale dans la zone des Grands-Lacs et de la Corne de l’Afrique.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté américain. Mais ces déclarations musclées risquent d’alimenter un climat de méfiance et de compliquer le dialogue diplomatique entre Kampala et Washington dans les mois à venir.
Diddy Mastaki

