Le ministre Rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré lundi 14 avril que, les discussions entamées à Doha, au Qatar, entre les Présidents Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo, marquent une avancée notable vers la résolution du conflit armé dans l’Est de la RDC.
Dans une interview accordée à Al Jazeera en marge d’une réunion diplomatique à Addis-Abeba, le chef de la diplomatie Rwandaise a qualifié ces pourparlers de « première étape importante vers la paix » dans une région déchirée par des décennies d’instabilité.
« Les discussions entre nos deux chefs d’État ont été franches et constructives. C’est une première étape vers la paix que nous saluons », a affirmé M. Nduhungirehe, insistant sur la volonté du Rwanda de s’engager pleinement dans la recherche d’une solution durable.
Le Qatar, nouveau médiateur dans un conflit ancien
Le 18 mars dernier, le Qatar a accueilli pour la première fois une rencontre bilatérale de haut niveau entre Kigali et Kinshasa, dans le cadre de ses efforts croissants pour jouer un rôle diplomatique en Afrique. Le pays du Golfe, souvent impliqué dans la médiation des conflits au Moyen-Orient, s’est imposé ces dernières années comme un acteur discret mais influent sur la scène Africaine.
Le ministre Rwandais a d’ailleurs salué cet engagement : « Nous remercions le Qatar pour sa médiation neutre et son engagement à promouvoir la paix dans notre région. Le Rwanda soutient fermement les efforts de Doha dans la résolution de notre différend avec la RDC ».
Une crise sécuritaire complexe
La région de l’Est de la RDC est en proie à une insécurité chronique, exacerbée par la présence de groupes armés locaux et étrangers, dont le M23, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir, une allégation que le Rwanda nie fermement. Des tensions récurrentes ont plusieurs fois failli dégénérer en confrontation directe entre les deux pays voisins.
Les pourparlers de Doha arrivent dans un contexte tendu, mais également dans une période où la pression internationale s’accentue pour trouver une issue pacifique à un conflit qui a déjà provoqué des milliers de morts et des millions de déplacés.
Et après ?
Selon plusieurs observateurs, la rencontre de Doha n’est qu’un début, mais elle pourrait ouvrir la voie à des négociations plus poussées, incluant d’autres acteurs régionaux comme l’Angola, l’Ouganda ou encore les Nations-Unies.
La diplomatie Qatarie aurait proposé un calendrier de consultations régulières ainsi qu’un mécanisme de suivi bilatéral, en vue d’un désarmement progressif des groupes armés et d’une restauration de la confiance entre Kigali et Kinshasa.
Pour le moment, ni la RDC ni le Qatar n’ont encore officiellement communiqué sur les détails du processus entamé. Mais la déclaration du ministre Nduhungirehe vient confirmer que des lignes ont commencé à bouger.
Diddy MASTAKI

