Bruxelles : Félix Tshisekedi appelle à un sursaut de conscience régionale et tend la main à Paul Kagame

Dans une intervention empreinte d’émotion et de gravité, le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a lancé un appel retentissant à la paix et à la responsabilité partagée entre les nations des Grands Lacs. Depuis le podium du Global Gateway Forum, tenu ce jeudi dans la capitale européenne, le chef de l’État congolais a interpellé directement son homologue rwandais, Paul Kagame, l’invitant à tourner la page de la confrontation pour ouvrir celle de la réconciliation.

« Nous avions l’intention de vous proposer de travailler ensemble, de rapprocher nos peuples et nos communautés pour le développement et le bien-être de celles-ci. À aucun moment, je n’ai affiché une attitude belliqueuse, quelle qu’elle soit, à l’égard du Rwanda, de l’Ouganda, ou de l’un quelconque de nos neuf voisins »,
a déclaré Félix Tshisekedi, sous les applaudissements nourris d’un auditoire composé de dirigeants africains et européens.

Un ton direct, un appel à la raison

S’adressant sans détour à Paul Kagame, le président congolais a martelé que Kigali et Kinshasa sont les deux seuls acteurs capables de stopper l’engrenage meurtrier qui ravage l’est de la République Démocratique du Congo depuis des années.

« C’est pourquoi je prends à témoin ce forum, et à travers lui le monde entier, pour vous tendre la main, Monsieur le Président, afin que nous fassions la paix des braves », a-t-il lancé, dans une atmosphère chargée d’émotion.

À ses côtés, le président angolais João Lourenço, actuel président de l’Union africaine et médiateur attitré dans cette crise, a été salué pour son implication diplomatique. Tshisekedi a rappelé que les négociations antérieures avaient presque abouti :

« Vous avez boycotté cette cérémonie alors que nous étions déjà à 98 % de recouvrer une paix durable », a-t-il regretté, déplorant une occasion manquée d’éteindre un conflit vieux de deux décennies.

« L’histoire nous jugera »

Dans une conclusion solennelle, Félix Tshisekedi a replacé la question congolaise dans le tribunal de la conscience humaine :

« L’histoire nous jugera. Il est temps d’arrêter et de nous tourner résolument vers la paix et le développement. »

Ces mots, sobres mais puissants, ont suscité une salve d’applaudissements dans la salle. Parmi les personnalités présentes, Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud) et Nana Akufo-Addo (Ghana) ont salué la maturité et la hauteur de vue du dirigeant congolais.

Une diplomatie de paix face à la guerre

Le message de Tshisekedi s’inscrit dans une logique nouvelle : rompre avec le cycle des accusations et tendre la main pour une paix durable, sans renoncer à la vérité.
Là où certains attendaient un discours offensif, le président congolais a choisi l’apaisement stratégique, plaçant la RDC au centre d’une diplomatie africaine tournée vers la responsabilité partagée.

Dans un forum dominé par les discussions économiques, le Congo a rappelé que le développement ne peut s’épanouir sans la paix.
Et si ce 9 octobre à Bruxelles devait marquer une date, ce serait celle où Kinshasa a préféré la parole à la rancune, et la paix des braves à la guerre sans fin.

Diddy MASTAKI

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